Mon expérience d’enseignement

Je vais décliner mon expérience d’enseignement en plusieurs catégories:

A – L’enseignement en classe
B – L’encadrement d’étudiants
C – Le tutorat en petit groupe
D – Le tutorat individuel
E – L’encadrement de lycéens
 
Je précise que A a été réalisé dans le cadre de ma mission de moniteur d’initiation à l’enseignement supérieur. B s’est déroulé pendant l’intégralité de mon doctorat. C, D et E ont été entrepris de ma propre initiative par intérêt personnel (conviction que le contact enseignant-étudiant ne s’arrête pas à la classe).
 
 

A – L’enseignement en classe

La mission de moniteur d’initiation à l’enseignement supérieur est une expérience facultative permettant au futur chercheur qui le désir d’apprendre la part « enseignement » du métier d’enseignant-chercheur. Il s’agit officiellement de 192 heures d’enseignements étalées sur 3 ans prenant la forme de travaux dirigés et de travaux pratiques. En plus de ces 192 heures de présence en classe s’ajoutent des heures de formation à l’enseignement.

Pour ma part, j’ai eu la responsabilité de:

– travaux dirigés de classes de mathématiques niveau licence 1 (effectifs d’environ 50 étudiants par classe en début de semestre);

– travaux dirigés de physique d’un groupe de première année de médecine (effectifs d’environ 50 étudiants en début de semestre);

– groupes de travaux pratiques de physique niveau licence 2 (effectifs de 15 étudiants par groupe).

J’ai également pu participer à la rédaction et la correction d’examens.

B – L’encadrement d’étudiants

Dans un laboratoire de recherche comme dans les entreprises, un certain nombre d’étudiants stagiaires se succèdent. Dans les laboratoires, il revient majoritairement aux doctorants de les prendre en charge. Cette prise en charge est soit partielle : je m’occupe de l’étudiant demandeur sur ma spécialité mais celle-ci n’est pas une partie majoritaire de son sujet de stage. Autrement, cette prise en charge est totale: de l’arrivée à la soutenance de stage. Enfin, l’arrivée de nouveau doctorants est généralement également prise en charge par…des doctorants d’année supérieure.

Concrètement, j’ai eu la chance d’encadrer partiellement ou totalement une dizaine de stagiaire de tous niveaux (licence, master, doctorat) et « armés » de n’importe quel bagage scientifique (du novice au plus avancé).

La richesse de cette expérience est constituée par:

– le fait de devoir adapter son discours dans l’explication du projet et des phénomènes physiques en jeu: demande un effort pédagogique important. Nous sommes parfois à la limite de la médiation scientifique,

– le fait de distiller l’information à une juste mesure: pas trop car, autrement, ils n’apprendraient pas par eux même, ni trop peu car le but n’est pas de les décourager. En outre, faire évoluer les étudiants est passionnant,

– le fait d’encadrer un projet de bout en bout: gestion du temps, organisation, préparation de soutenance, débriefing quand c’est possible,

– le fait de gérer les humeurs, les bons moments et les moments plus difficile. L’aspect humain a été extrêmement riche et plaisant.

C – Le tutorat en petits groupes

Devant la demande des étudiants de licence et d’une association d’étudiants (ASIB), j’ai choisi d’apporter mon aide à un tutorat en petits groupes d’élèves en difficulté.

L’expérience montre que la prise en charge d’un nombre restreint d’élève relève d’un métier à part entière car on s’aperçoit que chaque élève à sa propre manière d’apprendre et de concevoir les notions abordées. Cela nécessite d’avoir un certain « répondant pédagogique » qui consiste à pouvoir développer plusieurs explications/approches différentes afin que l’une d’entre elle puisse convenir à l’élève. Ainsi, certains vont être sensibles aux explications « imagées », d’autres à des versions basées sur une sonorité et d’autres sur une gestuelle.

Il s’avère que la présence de ces tutorats est primordiale car c’est le seul moyen qu’ont les étudiants en difficultés et n’ayant pas accès au soutien scolaire payant d’être aidés.

Remarque à l’attention des universités:

Le soucis de mes étudiants était certes en partie lié à un défaut de connaissances sur la matière enseignée (lacunes des classes précédentes). Mais je tiens à souligner que le problème majeur provient d’un manque cruel de méthode et de gestion inhérents au « métier d’étudiant ». Savoir s’organiser, prioriser, gérer son temps, ses émotions, savoir prendre des notes, apprendre son cours, faire ses exercices (apprendre son cours d’abord !), etc… Les bases du métier d’élève ne sont pas acquises ! Si vous ne maîtrisez pas les bases de votre métier, vous ne pouvez pas y arriver à moins de « galérer ». Ainsi, il est fondamental d’après moi de mettre en place des cours de méthodologie au moins durant les premiers mois de l’année universitaire afin que tout le monde puisse partir du bon pied. Attention, par « cours de méthodologie », j’entends des cours orientés « apprendre à apprendre  » d’une manière globale et non des cours de méthodologie propre à l’adaptation à une matière, comme on en voit beaucoup, ce qui s’apparente plus à de la remise à niveau.

D – Le tutorat individuel

Le tutorat individuel consiste à prendre sous son aile un étudiant, soit durant une partie de sa scolarité au sein de l’université, soit sur l’ensemble de sa scolarité. On trouve cela fréquemment des les universités, IUT, écoles d’ingénieur, de commerce, etc…

Il existe différents encadrants: des étudiants d’années supérieure mais également de enseignants (doctorants, maîtres de conférence et professeurs).

Ce tutorat permet à l’étudiant qui en bénéficie de pouvoir être conseillé et de poser des questions plus personnelles en rapport avec son parcours.

Les qualités de prise en charge sont très disparates. Elles vont de la relation de quasi grand-frère/soeur (plus avec des étudiants tuteurs) à une complète ignorance (pas de règle, cela peu être aussi bien avec un étudiant tuteur qu’avec un professeur tuteur).

Sensibilité, écoute et questionnements requis

Pour ma part, on ne m’a jamais proposé officiellement de tutorat individuel et je le regrette sincèrement. De toute façon, j’ai fini par le faire, malgré moi, devant la demande naturelle qui s’est installée. J’ai ainsi été tuteur improvisé d’étudiants me sollicitant pour des conseils simples mais également pour des cas de détresse. J’ai naturellement instauré un cadre plus informel propice à la confidence. Alors, oui, beaucoup vont râler en disant que ce n’est pas le travail de l’Université. Mais alors, qui se charge d’écouter ces étudiants qui vous expliquent qu’ils n’ont personne d’autre à qui parler ? Et j’écris ici un mot important et simple: ECOUTE. Beaucoup d’élèves pourraient être aidés et voir leur scolarité changée par une simple écoute. Certains, d’ailleurs, ne demandent pas forcément de solution mais bien juste une écoute sans jugement.

Au delà de la suggestion et du conseil, je me suis aperçu que le simple questionnement permettait à l’étudiant de trouver par lui-même la solution ou, tout du moins, une piste de réflexion par rapport à un problème en particulier.

Finalement, ce type d’encadrement m’a vraiment enrichi et je me suis aperçu que je disposais de certaines facilités pour ce genre d’exercice.

E – L’encadrement de lycéens – médiation scientifique

J’ai eu la chance de pouvoir être formé à la médiation scientifique à l’ENS Paris. Objectif: Mettre le Savoir à la portée de tous.

J’ai pu ensuite accueillir un public lycéen au sein du laboratoire où je travaillais. Ils ont découvert ce qu’était justement un laboratoire et nous avons pu mettre ensemble à mal pas mal d’à priori. A la fois spectateurs et acteurs, ces élèves se sont pris au jeu de la recherche. Ils ont observé les dernière expériences scientifiques en cours et on également revêtu la blouse du chercheur afin de mener eux même leur propre expérience. Cela s’est concrétisé par la rédaction d’un rapport et par la réalisation d’un poster comme le font les chercheurs. Ces apprentis scientifiques ont finalement exposé leur poster lors d’une journée de restitution sous la forme d’un mini-congrès.

Une expérience formidable qui met à rude épreuve nos qualités pédagogiques et nos capacités d’imagination. Ces adolescents se sont montrés vifs d’esprits dès lors que leur attention a été captée et se sont montrés débordant d’enthousiasme.

1 réflexion à propos de “ Mon expérience d’enseignement ”

  1. Yemme Baroan a dit:

    Superbe enseignement, très enrichissant ( simple et en même temps édifiant ) ! Grand merci !

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